Graphique simulateur de retraite

Point de conjoncture, par Rothschild & Co AM Europe

Combiner innovation et expérience  pour élaborer des solutions d’investissement sur-mesure, source de création de valeur sur le long terme

Note de conjoncture

Rothschild & Co Asset Management Europe

La persistance de l’inflation déstabilise les banques centrales

Rarement au cours des dernières décennies, l’économie mondiale ne s’était retrouvée face à une telle accumulation de vents contraires. L’épidémie de Covid-19 entrave depuis 2020 le commerce mondial.
Le choc d’offre qui en a résulté s’est conjugué au redémarrage de l’économie et au dynamisme de la demande qui rapidement ont généré de fortes tensions inflationnistes et mené à une crise énergétique majeure.

 

 

Cette crise s’est amplifiée lorsque la Russie a envahi l’Ukraine, créant des tensions sur les prix des matières premières agricoles et énergétiques, et menant l’inflation à des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis les crises de 1974 et de 1980. Grâce à des conditions financières encore accommodantes, à un marché de l’emploi solide, à l’épargne accumulée au cours de l’année 2020 et à des bilans sains, ménages et entreprises ont pu maintenir la croissance mondiale à flot. Néanmoins, la tendance ne semble pas tenable et à horizon 2023, la croissance, notamment aux États-Unis et en Europe, devrait se rapprocher dangereusement de la vitesse de calage. L’impact de l’inflation et du resserrement monétaire sont au cœur des débats et inquiètent les investisseurs dans un contexte hors norme, qui contribue à l’incertitude.

 

L’évolution de l’inflation dépend de très nombreux facteurs pour lesquels la visibilité est, aujourd’hui, réduite. Parmi eux, le prix des matières premières énergétiques, qui contrairement aux prix des matières premières industrielles et alimentaires, reste sur des niveaux élevés et fragilise l’équilibre économique mondial. Alors que l’offensive russe en Ukraine se poursuit, les sanctions économiques imposées par les États-Unis se poursuivent et affaiblissent la santé économique de la Russie. Que ce soit pour obtenir la levée d’une partie de ses sanctions au terme du conflit, ou en représailles de l’impact de ces dernières, il n’est pas inconcevable que Vladimir Poutine décide de priver l’Europe de ses importations de matières premières russes, au premier rang desquelles le gaz. Au-delà d’un possible rationnement évoqué par plusieurs économistes avant l’hiver prochain, la substitution qui serait mise en place par l’Europe nécessiterait des investissements en infrastructures conséquents et prendrait un temps au cours duquel les répercussions sur les prix payés par les ménages et les entreprises seraient rapidement et fortement réévaluées, au même titre que l’impact négatif sur l’activité européenne et globale.

 

Parmi les autres éléments d’incertitude, le revirement des banques centrales vers une politique restrictive est susceptible de durer et de provoquer une récession, voire, de s’accompagner d’une confiscation du surcroît de liquidités. Une situation intenable pour l’économie mondiale de nature à engendrer une dépression financière. Alors que nous pouvions encore anticiper, en début d’année, une normalisation progressive et sereine des taux et du niveau des liquidités en circulation, l’invasion de l’Ukraine a renforcé les tensions inflationnistes et alimenté leur diffusion à l’ensemble de l’économie, finissant par provoquer des demandes de revalorisations salariales et l’enclenchement de spirales prix-salaires. Les banques centrales n’ont pu que constater leur erreur d’appréciation quant au côté provisoire des hausses de prix et ont acté le retard d’ajustement de leurs taux directeurs à des niveaux adaptés. Dès lors, elles ont fait de l’ancrage des anticipations d’inflation leur priorité et se sont dites prêtes à sacrifier une certaine part de croissance pour y parvenir, quitte à connaître une brève période de récession. Hormis en Chine et au Japon, le rythme de normalisation monétaire et de réduction de la liquidité a donc accéléré, et a lourdement pesé sur le resserrement des conditions financières, que ce soit par le biais des actions, des taux ou encore du crédit. Alors que la plupart des données économiques attestent encore d’une bonne résistance de l’activité industrielle mondiale et de la consommation, et que le marché du travail reste solide et ne montre pas encore de dégradation, c’est au niveau du moral des ménages et des entreprises que le fléchissement inquiète et suggère une prochaine dégradation des indicateurs. Les ménages sont assez logiquement marqués par les prix des biens de consommation courante (alimentation, carburant), tandis que les entreprises, optimistes jusqu’ici, subissent encore les tensions sur les chaînes de production et de livraison mondiale, la hausse du prix des intrants et le resserrement des conditions financières.

 

De façon inhabituelle, les déclencheurs des précédentes récessions s’installent dans le paysage avec une simultanéité inquiétante. Le marché de l’immobilier entame logiquement son retournement à la suite de la hausse des taux hypothécaires, l’énergie voit ses prix se maintenir à des niveaux élevés et le resserrement monétaire accélère partout dans le monde, impactant les conditions financières de façon marquée. La plupart des économistes révisent logiquement à la baisse leurs prévisions de croissance qui, aux États-Unis et en Europe, se rapproche de la vitesse de calage et donc d’un possible retournement de cycle. L’excès d’épargne des ménages et la bonne santé des entreprises, au même titre que la résilience des données économiques, permettent aux banques centrales d’assumer leur posture et de faire de l’inflation leur priorité. Alors que l’Histoire a montré que la Banque centrale américaine avait systématiquement échoué dans ses tentatives de lutte contre l’inflation sans provoquer de récession de l’économie, les marchés s’interrogent aujourd’hui sur la réaction qu’aura l’Institution monétaire lorsque les premiers signes tangibles de ralentissement conjoncturel apparaîtront. La baisse de l’inflation core[1] plus tard dans l’année suivi d’un reflux plus net en 2023, au même titre qu’une hausse du chômage à partir de la fin de l’été, pourraient permettre au Président de la Fed de ralentir le rythme de resserrement et de redonner un peu d’oxygène aux marchés.

____

[1] Inflation core : inflation dont on a retiré certains éléments fluctuants, tels que les produits agricoles ou énergétiques.

 

Point de conjoncture – juillet 2022

Marc Terras, responsable de la gestion Long Only de Rothschild & Co Asset Management Europe partage son analyse et ses perspectives sur les marchés financiers.

Découvrir Afer Premium

Découvrez Afer Premium, un fonds multi actifs flexible et innovant, qui investit à la fois dans des classes d’actifs cotés comme les actions, les obligations, ou des stratégies de gestion alternative ; mais aussi, dans des classes d’actifs non cotés comme le private equity, l’immobilier ou les fonds de crédit.



À voir également


Actualités - 02 octobre 2022

Contrats Afer : les récompenses 2022

06oct.

Soirée Afer

S'inscrire
20oct.

Soirée Afer

S'inscrire
23nov.

Soirée Afer