Graphique simulateur de retraite

Le Coin des Gérants

Un espace pour comprendre les tendances financières et décrypter la vie des marchés.

L'édito de Jack Lequertier

L'édito de Jack Lequertier

Perspectives 2021 : « USUAL SUSPECTS »

En matière de prévisions boursières, je n’ai jamais été un adepte de la seule analyse fondamentale durant ma carrière, la laissant aux économistes dont je ne suis pas et en lui préférant largement :

  • l’analyse des indicateurs avancés  (indicateurs de confiance, CFNAI, Indicateurs de stress)
  • l’analyse des flux (Emission des Trésors, flux d’amortissement, IPO, rachats d’actions, encours des fonds monétaires)
  • le positionnement des gérants d’actifs, Banques centrales, institutionnels, Sociétés de gestion, traders sur les marchés dérivés et des hedge funds (CFTC, TIC, Surveys des gérants, Open Market, QE etc…)
  • et l’analyse technique ( RSI, Elliott Wave, figures de retournement, Gap, retracements etc…) notamment comme aide à la prévision des scenarios de risques.

Cependant que serait un « outlook » sans prévisions macro-économiques. Mais quitte à en donner, autant vous livrer les plus pertinentes, à mon sens, à savoir celles des banques centrales

A la lecture de ce matériel de prévision, nous devrions en tirer les conclusions suivantes :

1- La croissance, le retour à un niveau de PIB pré-crise sanitaire serait extrêmement lent

Source : FED VIEWS de la Fédéral Reserve de San Francisco 3 décembre 2020  

2- L’inflation resterait en dessous des cibles des Banques centrales (2%) pendant encore au moins 3 ans : aux USA (malgré un pic en fin 2021) ainsi qu’en Zone Euro

 Source : Fédéral Réserve de San Francisco

3- La politique monétaire resterait accommodante sur l’horizon de ces projections avec des taux courts toujours en territoire négatif et des taux longs toujours à zéro en moyenne dans la zone euro.

Source BCE

Quelles conclusions tirer de cette toile de fond tissée par les économistes des Banques centrales tout en rappelant que même les banquiers centraux peuvent aussi se tromper ?

Sur les marchés

© droit réservé

Alors que le SP 500 a largement effacé la crise du Covid inscrivant même de nouveaux plus hauts historiques en fin d’année 2020 et que l’Eurostoxx 50 comme notre CAC  40 ne sont plus très éloignés de leurs plus hauts annuels du 13 février 2020 après une hausse de près de 20% en Novembre.

  • Alors que les taux souverains sont quasi inchangés durant le dernier mois (un peu de hausse sur le 10 ans US TREASURY et un peu de baisse sur le 10 ANS BUND ou le 10 Ans OAT),
  • Alors que les primes de risques (Spread) sur les obligations privées se sont fortement réduites,

Et que les deux actifs refuges, l’or et le dollar contre euro ont cédé du terrain durant cette phase de hausse des marchés actions.
Pour ce faire, je vous propose d’analyser à titre d’exemple pédagogique les scénarios d’un allocataire d’actifs, la SGP CPR AM dont je connais un peu la méthodologie.

Un scénario central et deux scénarios alternatifs nous sont présentés dans leur dernier point mensuel (Source Actifs DEC 2020)  : Actifs, nos convictions – Décembre 2020 | CPR Asset Management | Solutions d’investissement | CPR AM (cpr-am.fr)

  • Une Scénario Central avec 60% de probabilité : « Retour de la confiance grâce aux vaccins, reprise de la consommation et vive rotation sectorielle ».
  • Le Scénario Alternatif 1 avec 25% de probabilité : « Le temps de mise en œuvre des vaccinations est trop long alors que les mesures de soutien ne suffisent plus ».
  • Le Scénario Alternatif 2 : « le Sénat américain bascule côté Démocrate » 

De chacun des scenarios, ils découlent des prévisions sur les indices (performances), les taux souverains (niveaux) et les spreads de crédit (niveaux) à l’horizon 3 mois :

Source CPR AM – bulletin mensuel de décembre 2020 avec la gracieuse autorisation de CPR AM

Dès lors, quelles seraient les options pour un investisseur à la lumière de ses prévisions ?

Option 1 : Adhérez à l’un des scenarios présentés

Choix du scénario central : poursuite du « risk on »

  • Les actions ont encore un potentiel de hausse.
  • Ainsi les actions de la zone euro rejoindraient leurs plus hauts de début d’année et de pré-crise. Elles surperforment les actions US
  • Les taux longs souverains se tendent très légèrement en mode « risk on »
  • Les primes de risque sur les obligations privées se réduisent encore

Ceci devrait conduire l’investisseur à augmenter son exposition aux actifs dits les plus risqués les Actions (en privilégiant les actions de la zone Euro et Asie) et les Obligations privées.

Choix du scénario alternatif 1: retour du « risk off »

  • Les actions corrigent leurs excès d’optimisme des deux derniers mois
  • Les taux souverains rebaissent en mode « risk off »
  • Les spreads de crédit repartent vivement à la hausse

En conséquence les prises de profits s’imposeraient sur les actifs les plus risqués (Actions et Obligations privées). Les Obligations d’Etat à taux fixe et les actifs refuges sont privilégiés.

Choix du scénario alternatif 2: tensions sur les taux US

  • Les actions US corrigent sous l’effet de la hausse des taux longs
  • Les actions de la zone euro restent correctement orientées
  • Les spreads de crédit se tendent de manière sélective.

 Les investisseurs sortent des actions US et se reportent sur les actions du reste du monde sans modifier leur expositions actions.

Option 2 : Performance pondérée des différents scénarios

Une autre méthode consiste à pondérer les performances attendues par ce gérant dans chaque scénario, de leurs probabilités.

Les résultats en termes de performances sur des portefeuilles équipondérés en actions et en taux sont les suivants en retenant les seuls indices et les obligations souveraines US et EMU :

Source : Jack Lequertier (Hypothèse: la sensibilité des taux 10 ans est considérée à +10 )

Ma conclusion
  • Avec 40% de scénario dans lesquelles des portefeuilles -50% Actions/50% Obligations d’Etat seraient en performances négatives
  • Avec un portefeuille pondéré des probabilités des scénarios en performance zéro (colonne de droite)
  • Et avec un portefeuille (50/50) sous scénario central qui ne dégagerait que 5 % de performance

Les investisseurs pourraient se montrer prudents sur l’horizon de prévision.

Le graphique de l'édito

La remontée des anticipations d’inflation
L’existence d’émissions d’obligations indexées sur l’inflation (1997 aux Etats-Unis, 1998 en France) permet notamment aux investisseurs de lire les évolutions des anticipations d’inflation des marchés, de les comparer avec les cibles des banques centrales et bien sûr, de se positionner sur cette classe d’actifs en fonction de leurs propres anticipations comme en fonction de leurs contraintes de passif.

Ces anticipations se déduisent du différentiel de rendement entre les obligations indexées et les obligations à taux fixe d’un même émetteur sur des maturités identiques.

On appelle cela les « points morts inflation » ou « Breakeven Inflation »

Le graphique ci-dessous vous montre l’évolution de ces anticipations aux Etats-Unis, tirées du différentiel de cotations entre les taux des US Treasuries 10 ans soit 1,10% au 11 Janvier 2020 et le taux de marché des TIPS (Treasury Inflation protected Securities) soit -0,97% ce même 11 janvier 2020.

Graphique d’évolution sur 5 ans du Breakeven Inflation 10 ans aux Etats unis

Source : Bloomberg

On notera en conséquence :  

  • Que les marchés considèrent désormais que l’inflation US à l’horizon de 10 ans sera supérieure à 2% (2,07% exactement) alors que l’indice d’inflation (CPI NSA) est ressorti à + 1,40% sur 1 an alors que l’indice d’inflation (CPI NSA) est ressorti à + 1,40% sur 1 an.
  • Que les anticipations d’inflation sont sensiblement remontées depuis les points bas récents dus à la crise sanitaire (2,07% aujourd’hui contre 0,55% en mars 2020).
  • Pour information, en Zone Euro, les anticipations des marchés lues au travers des obligations indexées inflation remontent également sur des niveaux proches de 1% après avoir cotées au plus bas 0,13% en mars de 2020.

Le débat de l'édito

GAFA ou GRANOLAS ? FOMO ou TINA ?

Comme vous le savez les financiers adorent les acronymes.
Depuis que Goldman Sachs a inventé le concept des BRIC à la fin des années 90 pour désigner les grands pays dits émergents que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et bien sur la Chine, ces fameux acronymes fleurissent. Ils représentent soit des noms de pays ou de sociétés soit des concepts résumant une idée ou un sentiment qui vont caractériser (influencer) le comportement des investisseurs.

S’agissant des noms de sociétés cotées nous pouvons citer les GAFA et leurs extensions GAFAM, FAAMG que tout le monde connait mais aussi les BATX.
Moins connus et pourtant plus proches de nous, les GRANOLAS
Et ce sans oublier les KHOL.

Ces acronymes permettent par exemple d’imager la bataille que se livre ces sociétés entre elles sur les mêmes segments de clients ou dans le cadre de ce qui est convenu d’appeler la rotation sectorielle ou la pondération d’un indice entre valeurs défensives et valeurs technologiques.

  • GAFAM (USA) contre BTAX (Chine) 
  • GRANOLAS contre GAFAM

S’agissant des acronymes de contexte, après le fameux TINA rendu célèbre par la baisse des taux et qui se caractérisait par le message simple (pour ne pas dire simpliste) qu’il n’y aurait pas d’alternative à l’investissement en actions, l’acronyme FOMO y ajoute la dimension émotionnelle : la peur d’avoir raté une opportunité d’achat.

Glossaire des acronymes :

  • GAFA : Google – Amazon – Facebook – Apple
  • GAFAM OU FAAMG : Google – Amazon – Facebook – Apple – Microsoft (19% du SP 500)
  • BATX : Baidu – Alibaba – Tencent – Xiaomi
  • GRANOLAS : Glaxo – Roche – Asml – Nestlé – l’Oreal – Lvmh – Astrazeneca – Sanofi (Près de 24% de l’Eurostoxx)
  • KHOL : Kering-Hermès-l’Oréal-Lvmh (22 % du CAC 40)
  • BRIC : Brésil – Russie – Inde-Chine
  • TINA : There Is No Alternative
  • FOMO : Fear Of Missing Out

La citation de l'Edito : David Campbell

J. Lequertier

Si vous ne savez pas où vous allez, vous vous retrouverez sûrement ailleurs 

Jack Lequertier

Membre du Comité de Surveillance de la Gestion des Fonds Afer

Achevé de rédiger le 12 janvier 2021

 
Rappel et avertissements :

Les points de vue dans cet « édito » n’engagent que leur auteur. Ils ne sont en aucun cas une recommandation d’achat ou vente d’un quelconque actif financier.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Seul votre conseiller, qui appréhende votre situation patrimoniale dans son ensemble grâce au recueil des exigences et des besoins (REB), est en mesure de vous délivrer le bon conseil. N’hésitez pas à le contacter.

Calendrier économique

Retrouvez ici tous les événements ou publications qui peuvent avoir une influence sur les marchés financiers

Calendrier économique fourni par Investing.com France, portail leader de la bourse.

Evolution des indices boursiers

Aviva Investors France

Aviva Investors est la dénomination commerciale de la branche de gestion d’actifs du groupe Aviva, l’un des plus importants assureurs mondiaux

Découvrir la page

Vidéo, lettre mensuelle de la vie des marchés

BNP Paribas Asset Management

BNP Paribas Asset Management est la branche d’activités spécialisée en gestion d’actifs du groupe BNP Paribas

Découvrir la page

Vidéo, analyses annuelles et semestrielles, baromètre

Rothschild & Co Asset Management Europe

Rothschild & Co Asset Management Europe, branche du groupe Rothschild & Co, est un acteur indépendant de la gestion d’actifs offrant des services personnalisés de gestion et de conseil en investissement à une large clientèle d’investisseurs institutionnels, d’intermédiaires financiers et de distributeurs.

Découvrir la page

Point de conjoncture trimestriel, baromètre, vidéo